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La TEP au PSMA (TEP-PSMA)
Cet examen d’imagerie est dédié au cancer de la prostate. Il repère, avec une sensibilité élevée, le tissu prostatique tumoral et ses éventuelles extensions (ganglions, os, organes), pour préciser le bilan d’un cancer à haut risque, localiser une récidive en cas de réélévation du PSA, ou orienter certains traitements.
Objectif de l’examen : comment ça marche ?
La scintigraphiLe PSMA (antigène membranaire spécifique de la prostate) est une protéine présente en grande quantité à la surface de la plupart des cellules de cancer de la prostate.
Lors de l’examen, on injecte un produit faiblement radioactif — un « ligand » marqué au fluor-18 vient se fixer spécifiquement sur le PSMA. La caméra TEP repère ces fixations, couplée à un scanner (TDM) qui les localise précisément. On visualise ainsi, en un seul examen, les foyers de cancer prostatique avec une bonne sensibilité, y compris de petite taille.
Bon à savoir Le PSMA n’est pas exclusivement « prostatique » : il existe des fixations normales (glandes salivaires, reins, foie, intestin, voies urinaires) et, plus rarement, des fixations non liées au cancer de la prostate. L’interprétation est donc réalisée par le médecin nucléaire en tenant compte de votre contexte clinique et biologique (PSA).
Pourquoi mon médecin me prescrit une TEP-PSMA ?
Cet examen concerne le cancer de la prostate. Le mieux est de demander à votre médecin la raison précise qui correspond à votre situation. Les indications validées les plus fréquentes sont :
- Bilan d’extension initial d’un cancer de la prostate à haut risque, pour rechercher une atteinte des ganglions ou des métastases (notamment osseuses) avant de décider du traitement.
- Recherche d’une récidive lorsque le taux de PSA réaugmente après un premier traitement (chirurgie ou radiothérapie) : la TEP-PSMA aide à localiser la reprise de la maladie, souvent à des taux de PSA faibles.
- Évaluation avant un traitement par radiothérapie interne vectorisée (thérapie ciblant le PSMA) : l’examen vérifie que la maladie fixe bien le PSMA et précise son étendue.
Dans certaines situations particulières, d’autres usages peuvent être discutés en réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP).
Comment se déroule l'examen ?
• Durée : 3h
Vous serez pris(e) en charge par l’équipe paramédicale dans un fauteuil incliné situé dans une cabine afin de vous préparer et de vous injecter un produit radiopharmaceutique.
Celui-ci est indolore, sans risque allergique et sans effet secondaire. Le produit étant faiblement radioactif, vous resterez seul(e) dans la cabine pendant le temps d’attente, sans accompagnant.
Après l’injection, il vous sera demandé de rester au repos, sans bouger, afin de permettre une bonne fixation du produit. Cette phase dure généralement 90 minutes. Durant ce temps, l’utilisation du téléphone ou de livres n’est pas autorisée.
Enfin l’équipe paramédicale vous installera pour la réalisation des clichés pendant 10 à 15 minutes. L’appareil utilisé ressemble à un scanner : il est spacieux et silencieux.
Au total, l’examen dure 3 heures, de votre arrivée à votre départ. Pendant toute cette durée, vous resterez au sein du service de Médecine Nucléaire.
Comment se préparer à l’examen ?
Aucune préparation particulière n’est requise pour cet examen.
Il n’est pas nécessaire d’être à jeun.
Il n’y a pas de traitement à arrêter.
Évitez les bijoux, montres et autres objets métalliques.
Quels sont les documents que je dois apporter ?
• Carte vitale.
• La prescription du médecin.
• Une pièce d’identité.
• Vos anciens examens en rapport avec votre pathologie (scintigraphies, radiographies, scanner, IRM, échographies).
Y a-t-il des précautions à prendre après l'examen ?
Il est recommandé de boire régulièrement afin de favoriser l’élimination urinaire du produit injecté.
Dès la fin de l’examen, vous pourrez quitter le service. Vous pourrez reprendre une alimentation et une activité normale, y compris votre travail et conduire votre voiture.
Utilisation de la TEP-PSMA — repères pour les prescripteurs
La TEP aux ligands du PSMA s’est imposée comme l’imagerie métabolique de référence du cancer de la prostate, avec des performances diagnostiques supérieures à la ¹⁸F-fluorocholine, en particulier dans la récidive biochimique. Trois traceurs sont disponibles en France : ⁶⁸Ga-PSMA-11, ¹⁸F-DCFPyL et ¹⁸F-PSMA-1007. Les indications et modalités d’accès évoluent rapidement ; la prescription s’inscrit dans le cadre des référentiels (SFU, EAU) et des décisions de RCP.
Scénarios cliniques validés
- Stadification initiale des formes à haut risque : depuis l’essai proPSMA, les sociétés savantes recommandent la TEP-PSMA pour le bilan d’extension des cancers à haut risque, avec une précision supérieure à l’imagerie conventionnelle (scintigraphie osseuse + TDM).
- Localisation d’une récidive biochimique après traitement à visée curative (réélévation du PSA), y compris à des valeurs de PSA basses où l’imagerie conventionnelle est prise en défaut.
- Sélection des patients candidats à la radiothérapie interne vectorisée (RIV) ciblant le PSMA, par exemple par ¹⁷⁷Lu-PSMA dans le cancer métastatique résistant à la castration (logique théranostique).
Points d’interprétation : le PSMA n’est pas spécifique du cancer prostatique (fixations physiologiques glandulaires, hépatosplénique, digestive et urinaire ; faux positifs possibles — ganglions cœliaques, certaines lésions bénignes ou autres tumeurs). La biodistribution et l’élimination diffèrent selon le traceur : le ¹⁸F-PSMA-1007 a une élimination majoritairement hépatobiliaire (moindre activité urinaire, utile en pelvien, mais davantage de fixations osseuses bénignes à connaître). Un traitement par hormonothérapie en cours peut modifier l’expression du PSMA.
Sources & références
- Fendler WP, Eiber M, Beheshti M, et al. PSMA PET/CT: joint EANM procedure guideline/SNMMI procedure standard for prostate cancer imaging 2.0. Eur J Nucl Med Mol Imaging, 2023;50(5):1466-1486. PMC10027805
- Hofman MS, Lawrentschuk N, Francis RJ, et al. (proPSMA). Prostate-specific membrane antigen PET-CT in patients with high-risk prostate cancer before curative-intent surgery or radiotherapy. Lancet, 2020.
- Haute Autorité de Santé. Avis d’évaluation des traceurs PSMA (ex. RADELUMIN [¹⁸F]PSMA-1007). has-sante.fr
- Recommandations du Comité de Cancérologie de l’Association Française d’Urologie (CCAFU/SFU) ; EAU Guidelines on Prostate Cancer.
- Revue francophone : La TEP-PSMA dans le cancer de la prostate en France : actualités et perspectives, Médecine Nucléaire, 2023.
FAQ Patient
« Le CS2S de Niort est équipé pour réaliser les TEP-Scan au PSMA, l’examen de référence mondial pour le suivi précis du cancer de la prostate. »
1. Qu'est-ce qu'un TEP PSMA et pourquoi me le prescrit-on ?
Le TEP PSMA est un examen d’imagerie de pointe spécifiquement dédié à la prostate. Le traceur injecté se fixe uniquement sur une protéine (le PSMA) présente à la surface des cellules prostatiques. Votre urologue ou oncologue vous l’a prescrit soit pour faire un bilan précis d’un cancer de la prostate récemment diagnostiqué, soit pour localiser une éventuelle récidive si votre taux de PSA augmente
2. Faut-il être à jeun pour un TEP-Scan PSMA ?
Non, contrairement au TEP classique (au FDG), il n’est pas nécessaire d’être à jeun. Vous pouvez manger et boire normalement avant votre venue au CS2S. Il est même fortement recommandé de boire beaucoup d’eau (environ 1 litre) dans les heures précédant l’examen.
3. Faut-il arrêter ses traitements habituels ou ses médicaments pour le diabète pour un TEP PSMA?
Non, vous devez continuer à prendre tous vos médicaments habituels. Puisque le traceur PSMA n’est pas à base de sucre (contrairement au FDG), cet examen ne pose aucun problème d’équilibrage pour les patients diabétiques. Prenez vos traitements normalement.
4. Faut-il avoir la vessie pleine pour l'examen ?
Lors de votre arrivée, nous vous demanderons de boire de l’eau, mais vous serez invité à vider votre vessie juste avant de passer sous la caméra. Une vessie vide permet aux médecins d’obtenir des images beaucoup plus nettes de la région pelvienne et de la loge prostatique.
5. Combien de temps dure l'examen au total ?
Prévoyez de rester environ 2h30 à 3h00 dans notre centre à Niort.
Après l’injection du produit, un temps d’attente d’environ 1h30 à 2h00 est nécessaire pour que le traceur se fixe correctement sur les éventuelles cellules cibles. Le passage sous la caméra (PETscan) dure ensuite une dizaine de minutes.
6. Le produit injecté donne-t-il des allergies ou des effets secondaires ?
Non, l’examen est parfaitement indolore et très bien toléré. Le traceur PSMA ne contient pas d’iode, il n’y a donc aucun risque d’allergie, même si vous êtes allergique aux produits de contraste des scanners classiques. Il n’y a pas d’effets secondaires (ni nausées, ni somnolence).
Nos autres examens en Scintigraphie
Notre centre d’examen propose jusqu’à 9 types de scintigraphies.
Scintigraphie Myocardique
Cet examen a pour objectif de vérifier que les artères du cœur laissent passer le sang de façon suffisante.
Scintigraphie Osseuse
Cet examen a pour objectif de détecter rapidement les lésions osseuses responsables de la pathologie du patient.
Scintigraphie Cérébrale
Le DATSCAN est une scintigraphie cérébrale qui étudie le métabolisme de la dopamine dans le cerveau.
Scintigraphie Pulmonaire
Cet examen étudie la fonction pulmonaire : grâce au produit radiopharmaceutique utilisé, la ventilation et la perfusion pulmonaires sont analysées.

Scintigraphie Thyroïdienne
Grâce à l’injection d’un traceur, nous pouvons voir le fonctionnement de la thyroïde avec des zones qui fonctionnent trop ou pas assez.

Scintigraphie Parathyroïdienne
La scintigraphie des parathyroïdes permet de détecter l’hyperactivité d’une ou plusieurs des 4 glandes parathyroïdes.

Scintigraphie Rénale au DMSA
La scintigraphie rénale statique au DMSA permet d’apprécier le fonctionnement relatif d’un rein par rapport à l’autre.

Scintigraphie Rénale au MAG3
La scintigraphie rénale dynamique permet d’apprécier le fonctionnement des reins et de visualiser l’élimination urinaire.

Scintigraphie Ganglion Sentinelle
Cet examen a pour objectif de rechercher le ganglion sentinelle avant une opération de chirurgie d’un cancer.


